Scénographie et éclairage

Une esthétique minimale et épurée, avec le sens du détail qui s’harmonise avec la complexité des images exposées.
Le tout vise à présenter ces images géantes, mais aussi à créer un espace vivant et interactif  qui s’appréhende corporellement, suscitant chez le visiteur des sensations et des émotions dans un univers magique, onirique et symbolique.

La scénographie est constituée d’un ensemble de panneaux modulables, Clip Display®, montés en parois de dix mètres de longs disposées en quinconce perpendiculairement aux murs de la salle d’exposition, un espace en forme de parallélépipède de 23 mètres de long sur 12 mètres de large avec une hauteur de 5 mètres.
Les panoramas sont disposés sur ces parois dans un ordre précis en rapport avec la chronologie de la Bataille.
Le tout constitue un parcours en couloir qui abouti à une installation posée devant la dernière image.
Au bout de chaque couloir, des grosses lampes en forme de bulbe sphérique sont suspendues le long des murs de la salle.
Le filament jaune ambré est en spirale, ce qui symbolise la vie et le temps, synonymes  du mouvement, de l’ordre et du chaos, modèle de tout ce qui est cyclique, mais aussi, de la permanence de l’Être dans la mobilité d’un monde éphémère.
Les fils électriques noires où les lampes sont suspendues, descendent du plafond et constituent un élément graphique qui renforce l’idée de verticalité  et la hauteur de l’espace.
L’installation est constituée d’un drap, sur lequel est déposée de la terre du champ de bataille.
Le drap est le linceul dont on se servait pour ensevelir les morts.
L’objectif  de cette installation en rapport avec la dernière image titrée “Le Coeur de l’Enfer”, est d’amener le visiteur à une réflexion sur l’absurdité de la guerre.
C’est une manière symbolique d’offrir une sépulture et de rendre honneurs à titre posthume à tous ceux qui sont tombés sur le champ de bataille et qui n’ont pas eu droit à un enterrement digne.
La lumière éclaire les images et redessine l’espace. Elle développe un discours cohérent avec celui des images en enrichissant le sens du sujet par l’émotion qu’elle crée.£
Les images sont éclairées par des petits projecteurs led de lumière blanche.
Les images sont imprimées en Chromaluxe, un procédé de sublimation des couleurs dans l’aluminium qui rend les images très lumineuses.
La salle est éclairée avec trois couleurs, le rouge, le gris et le jaune qui sont utilisés pour créer les ambiances.
Le rouge symbolise la colère, le danger, le sang, la violence, le  pouvoir et l’aristocratie.
Le gris symbolise la tristesse, le désarroi, la sagesse et  la fumée qui s’élève vers le ciel transportant les prières de désespoir.
Le jaune symbolise, la flamme qui permet  aux âmes de s’orienter dans les ténèbres, la dégradation du corps, la purification et l’or, symbole de majesté.
La prédominance rouge évolue en dégradé vers le gris.

A l’entrée de l’exposition, une ambiance rouge couvre les deux premiers cinquièmes de l’espace.
Un hall se forme entre les deux premiers panneaux, où se trouve l’espace d’accueil avec un comptoir de forme parallélépipède.
Ce comptoir est peint avec une patine qui suggère les couleurs des vielles poutres noircies de fumée que l’on retrouve dans les vieilles fermes. Cette bataille s’est déroulée entre les fermes et les champs, c’est un rappel de cet univers.
Derrière  le comptoir trois lampes en forme de bulbe sphérique sont suspendues à un mètre d’intervalle le long du mur et alignées à même hauteur.
Le choix du nombre de lampes fait référence au  « troisième choix » ou à  « la voie moyenne », un concept philosophique et politique ; une alternative qui part de la dialectique du conflit entre deux opinions diverse pour connaitre l’harmonie et s’approcher de la vérité.
Ces lampes éclairent très faiblement, comme une bougie, et constituent le début du chemin de la Mémoire qu’elles symbolisent par leur disposition tout au long du parcours.
L’éclairage de l’exposition évolue du rouge pour 2/5ème de l’espace en début de parcours pour passer à une ambiance intermédiaire dans deux autres cinquièmes de l’espace où le rouge et le gris vont s’alterner pour passer d’une dominante rouge vers une dominante grise de plus en plus sombre.
Le dernier cinquième de l’espace est lui baigné dans un gris sombre.
Dans cette zone se trouve l’installation posée à même le sol devant le panorama “ Le Coeur de l’Enfer”.
La pénombre de cette zone grise favorise la réflexion.

Eugénia Calado